L’Université néolibérale

Qu’est-ce que l’Université néolibérale?

Le néolibéralisme représente une philosophie économique scientifiquement discréditée. Sa propagation au sein de notre société reflète le financement musclé fourni par l’élite corporative à qui servent ces idées.

Pour ceux qui travaillent dans les universités, les signes d’un corporatisme rampant sont partout. Pour le grand public, le fait de traiter l’éducation comme une marchandise n’est pas toujours clair. La plupart des ancien.ne.s étudiant.e.s nourrissent des souvenirs nostalgiques de leur époque sur le campus, mais les universités modernes sont aujourd’hui des entités complexes avec de grandes dotations, de vastes propriétés, des budgets de recherche touchant à des milliards de dollars et des partenariats complexes avec des donateurs privés et des entreprises publiques. Les présidents d’université sont plus susceptibles de provenir du secteur privé que de gravir les échelons de l’académie. Cela soulève la question suivante: qui sont les parties prenantes de l’université, qui détermine les priorités institutionnelles et dans quelle mesure les universités poursuivent-elles des politiques conformes aux intérêts des étudiants et aux valeurs des contribuables?

À propos des budgets universitaires

Ce qui est amusant avec les budgets des universités, c’est que leur nombre semble assez plastique. À l’Université d’Ottawa, par exemple, la comptabilité judiciaire a révélé en 2018 que l’excédent dit de 15 millions de dollars était en réalité de 69 millions de dollars. À l’échelle du Canada, l’écart entre le budget et le bilan permet un tour de passe comptable où les administrateurs peuvent signaler des «déficits» plus fictifs que réels. L’austérité permet aux administrations des universités d’adopter une attitude ferme envers ses différents syndicats. Étant donné la hausse des frais de scolarité, de nombreux étudiants sont extrêmement sensibles à cette rhétorique de l’austérité. Très endettés, les étudiants sont instinctivement enclins à soutenir les mesures de maîtrise des coûts. Cependant, lorsque vous plongez dans les budgets des universités, certaines vérités qui dérangent sont révélées:

De nombreuses universités canadiennes consacrent moins de 2% de leur budget annuel à la faculté contractuelle qui enseigne à plus de la moitié de leurs étudiants.

Les règles de budgétisation interne imposent aux étudiants en arts de subventionner les programmes de génie, de médecine et de commerce dont les diplômés ont de meilleures perspectives d’emploi et des salaires plus élevés.

Bien que les entreprises offrent des «dons» d’un million de dollars pour financer la recherche appliquée, la plupart des programmes ainsi créés ne sont pas autofinancés. Leurs coûts de fonctionnement sont transférés aux contribuables tandis que la recherche est brevetée à des fins privées.

Les coûts de la main-d’œuvre dans les universités canadiennes stagnent depuis plus de dix ans, à l’exception d’un groupe notable: les administrateurs. En nombre, leur salaire et leurs avantages ont considérablement augmenté.

Les étudiants, les anciens étudiants, les donateurs et les contribuables doivent avoir une conversation sérieuse sur le type d’université que nous voulons. Comment pouvons-nous nous assurer que les priorités de l’Université reflètent nos valeurs et nos intérêts?