Bien-être

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Parlons du bien-être

Enseigner est un métier exigeant. Les sondages menés auprès des professeur.e.s, tant au niveau secondaire que postsecondaire, révèlent des niveaux de stress élevés liés aux longues heures de travail, qui ont tendance à multiplier les demandes des étudiant.e.s et des administrateurs. Selon une récente étude réalisée par World University Rankings, plus de la moitié ont déclaré avoir beaucoup souffert des problèmes de santé mentale. En outre, plus de 40 % ont répondu que leur travail avait beaucoup d’impact sur leurs relations personnelles.

L’un des facteurs non examinés dans l’enquête World University Rankings est la mesure dans laquelle le stress sur le campus est corrélé à la «précarisation» croissante du personnel enseignant. Aux États-Unis, plus de trois quarts des professeur.e.s sont considérés comme «auxiliaires». Un sondage de Statistique Canada révèle que le Canada rattrape rapidement son retard.

Partout au Canada, les régimes de retraite à prestations définies et les postes permanents sont remplacés par des contrats temporaires et des régimes à cotisations définies. De nombreux membres du corps professoral n’ont pas du tout accès aux régimes de soins de santé des employeurs. Quel est l’impact de cette insécurité économique sur la santé mentale des professeur.e.s non permanents de l’université? Étonnamment, ce n’est pas une question étudiée par de nombreux administrateurs d’universités. Par exemple, une récente enquête sur la charge de travail menée à l’Université d’Ottawa a exclu les professeur.e.s à temps partiel.

La contingence signifie le stress

Chaque année en avril, à l’Université d’Ottawa, le niveau de stress parmi les professeur.e.s à temps partiel augmente à mesure que les affectations de la prochaine année universitaire sont révélées. Quels cours seront disponibles? Vais-je suivre les cours que j’ai enseignés pendant des années? Vais-je suivre quatre cours pour pouvoir toucher à l’assurance-chômage et survivre à l’été? S’il n’y a pas assez de cours, puis-je trouver un contrat à Kingston ou à Montréal pour payer mon loyer?

Les universités canadiennes adoptent souvent des déclarations solides quant à leur soutien aux droits de la personne, au mieux-être et à la santé mentale. Avec le niveau de stress qui afflige leur propre faculté, le moment est venu de comparer ces propos à des actions concrètes. Quelles initiatives les administrateurs canadiens sont-ils prêts à entreprendre pour créer un environnement de bien-être? Quelles réformes de bon sens pourraient réduire les pressions croissantes exercées sur les professeur.e.s à temps partiel?