Le mythe du professeur à temps partiel

Qu’est-ce qu’un.e «professeur.e à temps partiel?» À l’Université d’Ottawa, ce titre s’applique aux professeur.e.s lié.e.s par l’entente APTPUO. Etant donné le titre de «temps partiel», on aurait pardonné de penser qu’un.e professeur.e à temps partiel travaille moins de 40 heures par semaine. En fait, certains professeur.e.s «à temps partiel» de l’Université d’Ottawa travaillent plus de 60 heures par semaine. Après tout, enseigner est un métier exigeant. Il n’ya pas de limite précise au temps qu’un.e enseignant.e dédié.e investira dans la réussite de ses étudiant.e.s. Un sondage récent de l’ACPPU révèle que 66% des professeur.e.s à temps partiel souhaitent un poste permanent, mais qu’ils sont contraints de travailler moins. Au Canada, cette tendance à la «précarisation» du corps professoral; transformer des postes de titulaire en postes de contrat avec des avantages substantiellement moindres représente une tendance qui dure depuis une décennie.

Création d’une classe de professeurs non titulaires

La question la plus pertinente n’est pas de savoir ce qui est, mais qui est le professeur à temps partiel? Les enquêtes montrent qu’une diversité considérable sépare les rangs des professeur.e.s non titulaires. Certains sont des enseignant.e.s à temps plein sous contrat. Certains sont des professionnel.le.s, comme des avocat.e.s ou des entrepreneur.e.s, qui se portent volontaires pour donner un cours ou deux. D’autres ont peut-être une longue expérience professionnelle dans une institution, mais ont du mal à payer leur loyer ou à nourrir leur famille.

Le «temps partiel» ne fait pas référence aux heures réellement travaillées ni à la qualité de l’enseignement dispensé par un.e professeur.e. Le «temps partiel» est plutôt une indication du statut de l’emploi. Bien que le doctorat soit la qualification de base pour l’enseignement universitaire, l’étiquette de «temps partiel» a permis à l’Université de discriminer et de payer des doctorats à la moitié du taux normal de professeur.e.s titulaires. En fait, la création de classes de professeur.e.s non titulaires représente un pilier fondamental du budget des universités canadiennes. Cela a conduit à un système à deux niveaux, dans lequel les professeur.e.s permanent.e.s sont rémunéré.e.s en tant que professionnel.le.s, ont la sécurité de l’emploi et ont pleinement accès aux services universitaires, tandis qu’une seconde catégorie de professeur.e.s également qualifié.e.s est rémunérée à la pièce comme travailleur.e saisonnier.e. Ce processus de recrutement réduit les membres de l’APTPUO ayant quinze ans ou plus de service aux contractant.e.s dont les droits s’étendent à la durée et à la formulation de leur prochain contrat d’enseignement. Ils doivent payer leur ordinateur et leurs photocopies et parfois se procurer des tables à manger chez Starbucks pour rencontrer leurs étudiant.e.s.