Une voix au sein de l’Université

Trouver sa voix

Les chercheurs ont eu beaucoup de difficulté à extraire le nombre exact de professeur.e.s contractuel.le.s travaillant dans les universités canadiennes. Diverses études, faisant souvent appel à la loi sur la liberté d’information, ont montré que leurs rangs avaient grossi à l’intérieur du Canada. Aux États-Unis, on estime à présent que les professeur.e.s non titulaires enseignent 75% des étudiant.e.s.

Si les auxiliaires deviennent permanents et que la semaine de travail de 60 heures devient de plus en plus la norme, même pour les professeur.e.s «à temps partiel», nous devons avoir un vrai débat sur la manière de mieux intégrer les professeur.e.s contractuel.le.s à la structure institutionnelle de l’université. Historiquement, les universités étaient gouvernées selon le principe de la collégialité. Ce système continue à s’appliquer pour la plupart des professeur.e.s titulaires qui votent pour des recteurs et rectrices, siègent à des comités de professeur.e.s et sont représentés au Sénat. La collégialité s’applique rarement aux professeur.e.s à temps partiel, qui ne sont pas représentés ou sont sous-représentés dans la structure de gouvernance de l’université.

L’incongruence croissante entre la précarisation du corps professoral et une structure de gouvernance collégiale crée de nombreux défis. Souvent, les doyen.ne.s et les président.e.s encouragent les réformes curriculaires sans consulter le corps professoral à temps partiel qui devra les mettre en place. Ce problème est amplifié lorsque, dans de nombreux établissements, des professeur.e.s contractuel.le.s enseignent à la majorité des classes de niveau débutant avec un quotient disproportionné d’étudiant.e.s à risque.

Dans de nombreuses universités, les professeur.e.s à temps partiel ne sont pas rémunéré.e.s ou ne sont pas complètement intégré.e.s aux assemblées départementales, aux comités de professeur.e.s ou aux sondages universitaires. Il va sans dire que toute initiative institutionnelle introduite dans ce type de structure est vouée à l’échec. La question est de savoir comment ce système peut-il être amélioré?

  • Quels obstacles institutionnels empêchent les professeur.e.s contractuel.le.s de contribuer pleinement aux initiatives des universités?
  • Que peut-on faire pour mieux intégrer les professeur.e.s à temps partiel dans la structure de l’université?
  • Quelles solutions les universités innovantes développent-elles pour accroître la voix des professeur.e.s contractuel.le.s dans la gouvernance des universités?