L’Association dénonce l’excédent financier de l’uOttawa

Lecture hall with a mathematical equation on a blackboard in the background.

L’Université a dernièrement fait état d’un excédent financier de 41,7 millions de dollars pour l’année universitaire 2020-2021.

L’Association dénonce ce surplus financier qui est inacceptable plus particulièrement en pleine pandémie. Les professeur.e.s à temps partiel ont fait de nombreux sacrifices pour adapter leurs cours présentiels à un milieu virtuel. Nous sommes restés résilients, malgré un soutien et une formation technologiques limités et une rémunération insuffisante, afin d’offrir la meilleure éducation possible à nos étudiant.e.s. Nos membres sont stressé.e.s, surchargé.e.s de travail et, surtout, sous-payé.e.s. Tout excédent devrait, en premier lieu, être utilisé pour réduire de manière significative la taille des classes et les inégalités dans nos rangs.  

Comme si cela ne suffisait pas, l’Université a refusé d’allouer des fonds à nos membres pour qu’ils puissent se procurer l’équipement technologique nécessaire pour donner un cours en ligne. Par conséquent, l’Association a dû puiser dans ses propres fonds pour fournir un soutien limité permettant le remboursement partiel de l’achat d’équipement technologique. Les fonds utilisés ont été tirés directement du Fonds de développement académique et professionnel de l’Association, qui est destiné à promouvoir la participation à la recherche et à d’autres activités savantes. 

Il faut également noter qu’en mai dernier, l’administration a de nouveau tenté d’augmenter les frais de scolarité de 3 % pour les étudiant.e.s canadien.ne.s résidant à l’extérieur de l’Ontario, ce qui aurait pu compromettre l’accès à une éducation postsecondaire et accroître l’endettement des étudiant.e.s et de leurs familles, qui sont déjà lourdement endettés. Ceci a été envisagé par l’administration même après avoir déclaré un excédent financier de 13,8 millions de dollars pour l’année universitaire 2019-2020. Le Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa (SÉUO) a réussi à mobiliser ses membres au milieu de la session d’été pour revendiquer contre la hausse des frais de scolarité et empêcher une telle augmentation. 

Notre Association reconnaît l’importance de l’expérience étudiante sur le campus. Malheureusement, nous assistons actuellement à la conquête des espaces étudiantes par l’administration pour laisser place à la représentation d’institutions multinationales sur notre campus. Un exemple que nous déplorons est celui de la prise en charge envahissante du salon étudiant de l’UCU par la Banque Royale du Canada (RBC). Ce n’est pas tout, l’Université cherche également à imposer des frais de location aux espaces occupés par les seuls journaux étudiants reconnus sur le campus. Le journalisme étudiant connaît déjà suffisamment de difficultés financières. L’imposition de frais de location sera préjudiciable à nos étudiant.e.s, car elle limitera l’accès aux informations importantes sur le campus. C’est aussi un outil essentiel pour tenir l’administration et les autres organismes sur le campus responsables de leurs actions et pour assurer la transparence de leurs opérations.

 

C’est inquiétant de voir un établissement postsecondaire réaliser un profit important en période de pandémie alors que les étudiant.e.s et les professeur.e.s se battent pour avoir le soutien institutionnel nécessaire pour assurer la qualité de l’éducation. La gestion financière de l’administration ressemble davantage à la gestion d’une multinationale axée sur le profit et le divertissement plutôt qu’à une université qui devrait investir dans sa mission principale, soit  de fournir une éducation postsecondaire de qualité.

Nous vous invitons également à lire le communiqué de l’Association des professeurs de l’Université d’Ottawa (APUO) qui relate les préoccupations découlant d’un tel surplus financier. Pour faire un court résumé, l’excédent financier démontre que la création de sections de classe plus petites pour l’année universitaire 2021-2022 était loin d’être une demande déraisonnable. 

L’APTPUO continue de travailler en solidarité avec la Coalition intersyndicale, qui comprend les syndicats et les associations d’étudiants, de professeurs, d’assistants d’enseignement, de chercheurs et de personnel de soutien, pour dénoncer le manque de collégialité de l’administration centrale et de défendre la qualité de l’enseignement dans notre université.