Qu’est-ce que la précarité?

La précarité évoque l’image d’un.e alpiniste désespéré.e suspendu.e au bord d’une falaise. Les économistes utilisent de plus en plus ce terme pour décrire les tensions créées par un marché du travail où la sécurité de l’emploi est compromise par diverses stratégies de sous-traitance. La «précarité» n’est cependant pas une image que la plupart des étudiant.e.s associent normalement à leurs professeur.e.s. Certes, posséder le diplôme le plus avancé de la société est synonyme de sécurité économique?

La grande histoire des universités canadiennes au cours des deux dernières décennies a été de remplacer les professeur.e.s permanent.e.s par des postes contractuels beaucoup moins rémunérateurs et offrant peu d’avantages. Les membres du corps professoral contractuels souffrent d’un manque de sécurité, d’un sous-emploi et d’un niveau élevé de stress au travail. La «précarité» représente donc une métaphore appropriée, décrivant comment cette structure d’emploi crée un stress pour le corps professoral. Pour de nombreux professeur.e.s à temps partiel, leur concentration sur leurs étudiant.e.s est corrélée à leur lutte pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Bien que les professeur.e.s contractuel.le.s soient devenus indispensables pour les universités, qui enseignent souvent à plus de la moitié des étudiant.e.s, beaucoup gagnent moins que le salaire vital. La plupart bénéficient moins d’avantages que les autres membres du personnel de l’université, à l’instar des secrétaires considérées comme des employé.e.s «permanent.e.s». Cependant, peu d’étudiant.e.s ou d’anciens étudiant.e.s savent comment le corps professoral de tout le Canada se transforme en travailleurs occasionnels.

Les universités fonctionnent-elles sur un système de classes?

  • Alors que les professeurs permanents ont droit à un congé sabbatique, à des avantages complets et à une voix réelle dans les affaires universitaires, les professeur.e.s à temps partiel doivent souvent rencontrer leurs étudiant.e.s dans des cafés, imprimer leur propre matériel de classe et payer leur propre formation;
  • Partout en Ontario, les professeur.e.s à temps partiel sont souvent les professeurs d’enseignement; non seulement ils enseignent à plus de la moitié des étudiants, mais ils s’attaquent souvent aux taux de scolarisation élevés et aux cours de niveau inférieur avec une proportion plus élevée d’étudiant.e.s à risque;
  • Tandis que les professeur.e.s titulaires choisissent leurs cours et les développent sur plusieurs semestres, de nombreux professeur.e.s contractuel.le.s ne reçoivent des offres d’emploi qu’à la dernière minute et sont souvent chargés de mettre en place de nouveaux cours ambitieux en quelques jours;
  • Parce que les professeur.e.s à temps partiel travaillent sous contrat, ils sont souvent les seuls membres de la communauté universitaire à ne pas avoir droit aux avantages de base; l’accès à l’assurance dentaire, aux soins de vue, aux services de santé mentale ou à la sécurité de l’emploi;
  • Comme la plupart des professeur.e.s à temps partiel sont sous-employé.e.s, beaucoup ont besoin de quitter le campus pour nourrir leur famille, mais le fait de travailler à plusieurs emplois sape l’énergie et leur fait perdre du temps qu’ils préféreraient investir dans leurs étudiant.e.s;
  • Parce que les professeur.e.s à temps partiel dépendent du renouvellement du contrat, ils hésitent à faire valoir leurs droits dans la convention collective et sont incité.e.s à travailler bénévolement pendant des heures, au lieu de risquer de perdre leur emploi.

Pourquoi les étudiant.e.s, les anciens étudiant.e.s, les administrateurs et les professeur.e.s permanents se soucient-ils de la précarité? Améliorer la sécurité des professeur.e.s à temps partiel, en les incluant dans la gouvernance des universités, et leur assurer un soutien institutionnel est essentiel pour améliorer l’expérience de la salle de classe dans les universités canadiennes. Nos conditions de travail sont les conditions d’apprentissage des étudiant.e.s.

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