Stress du travail

À l’origine, ‘le stress’ décrivait la force nécessaire pour casser l’acier. Aujourd’hui, cette métaphore est couramment appliquée pour décrire les états mentaux contemporains. Ces dernières années, les vecteurs de stress se sont tellement accélérés que de nombreux psychologues tirent la sonnette d’alarme. Les administrateurs universitaires sont également confrontés à une crise de santé mentale. Ils ont réagi en intensifiant les services de conseil, en augmentant les prestations d’assurance-médicaments et en lançant des campagnes de mieux-être pour aider les étudiants à faire face au stress.

Dans ce contexte, il est regrettable que le « bien-être » des professeur.e.s contractuel.le.s n’ait pas fait l’objet d’un examen approfondi. De nombreuses enquêtes montrent que le niveau de stress auquel sont confrontés les éducateurs de tous bords est déjà excessivement élevé. Pour les professeur.e.s contractuel.le.s, le stress professionnel est amplifié par leur insécurité économique et la pression exercée pour achever un travail non rémunéré afin de conserver leur emploi occasionnel. Même les professeur.e.s «à temps partiel» ayant des mandats de plusieurs décennies ont peu de sécurité et travaillent de contrat en contrat. Malgré une immense loyauté envers l’institution, ou un service dévoué envers leurs étudiant.e.s, les professeur.e.s perdent chaque année leur emploi lorsque des professeur.e.s permanent.e.s reprennent les cours qu’ils ont créés.

Un autre problème est que les professeur.e.s à temps partiel constituent la première ligne de défense de l’université pour les étudiant.e.s à risque. L’incidence des problèmes de santé mentale des étudiant.e.s et des étudiant.e.s arrivant sur le campus avec des troubles d’apprentissage a explosé au cours de la dernière décennie. Bien que les causes de cette crise restent discutées, le sentiment d’isolement est une des dimensions du stress des étudiants. Il n’est pas rare que des étudiant.e.s à la pointe se confient à leurs professeur.e.s. Mais comment peut un.e. professeur.e contractuel.le répondre de manière adéquate aux étudiantpeuts dans le besoin s’ils sont eux-mêmes en détresse? Comment un.e étudiant.e souffrant d’une crise personnelle peut-il se confier à son professeur.e assis.e à une table de café mise au service d’un bureau d’urgence?

On peut faire mieux

Nous pouvons et nous devons faire beaucoup mieux pour améliorer les conditions de travail sur les campus canadiens. Une première étape importante consiste pour les administrateurs à admettre que leurs professeur.e.s contractuel.le.s ne sont pas des travailleurs saisonniers. De nombreux professeur.e.s contractuel.le.s ont leur doctorat et sont pleinement qualifié.e.s pour occuper des postes permanents et sont des employé.e.s indispensables qui permettent aux universités de remplir leur mission éducative. Reconnaître publiquement cette réalité est nécessaire pour créer un élan institutionnel afin de créer un véritable environnement de bien-être sur les campus. Ce n’est pas juste une question de faire la bonne chose; c’est une condition préalable pour que les universités canadiennes puissent s’acquitter de leur mandat en tant qu’établissements publics d’enseignement supérieur. Comment les professeur.e.s contractuel.le.s peuvent-ils servir de première ligne de défense pour les étudiant.e.s à risque lorsque leurs conditions de vie sont également précaires?

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Stress du travail

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